Chroniques de l’Entourage invisible (3)
- 24 févr.
- 2 min de lecture
Comprendre pour faire savoir, quand le parcours bascule.
Cette chronique s’inscrit dans la continuité d’un texte déjà publié ici,
Comprendre, consacré à ce que vivent les proches dans les situations complexes.
Comprendre ne relève pas seulement du diagnostic. Dans les parcours de maladie psychique ou d’addiction, comprendre concerne aussi ceux qui accompagnent, exposés aux effets de la maladie sur les liens, le quotidien et la santé mentale.
Pour les proches, la compréhension n’est pas un confort. Elle est primordiale. Sans elle, il n’y a ni soutien possible, ni anticipation des risques, ni protection de la vie familiale, surtout aux moments où le parcours bascule.
Dans ces moments-là, l’entourage est en première ligne : présent, inquiet, exposé, démuni.
Et pourtant trop souvent tenu à distance, ou laissé au silence.
Comprendre permet aussi de faire savoir ce que les parcours produisent sur l’entourage, sur les liens, sur la vie quotidienne.
Faire savoir n’est pas s’épancher.
C’est un droit, pour notre santé mentale et celle de nos enfants.
Il ne s’agit pas de parler à la place des personnes malades. Leur parole leur appartient.
Pour les proches, faire savoir consiste à rendre visible l’impact des parcours sur ceux qui accompagnent.
Cette parole ne concurrence pas celle des personnes concernées, elle la complète.
Mais cette compréhension ne peut pas reposer uniquement sur les proches.
Elle suppose aussi une parole thérapeutique des professionnels, claire, structurante et responsable. Une parole qui éclaire, anticipe et pose un cadre.
Quand cette parole fait défaut, l’insécurité et la détresse s’installent.
Il est alors demandé aux proches de tenir, d’alerter, parfois de décider, sans repères ni soutien.
La parole des proches ne peut pas compenser l’absence de parole thérapeutique des professionnels.
Donner aux proches les moyens de comprendre, reconnaître leur droit à faire savoir, et assumer pleinement la parole professionnelle : ce sont les conditions d’un partenariat réel, permettant aux proches d’être acteurs de l’étayage des parcours, y compris les plus complexes.
L’espoir ne repose pas sur l’illusion que tout ira
il tient à une chose : ne plus porter le risque et les dommages seul.







