Chroniques de l’Entourage invisible (2)
- 23 févr.
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Faire savoir : du besoin de dire au droit d’être entendus
Au départ, il y a une nécessité intime : j’ai besoin de dire. Dire pour ne pas sombrer. Dire pour comprendre. Dire pour tenir.
Mais cette parole ne peut pas rester cantonnée à l’expression individuelle. Lorsqu’elle est réduite à l’émotion ou à la plainte, ce qu’elle révèle du réel est disqualifié.
Or ce que vivent les proches n’est pas une exception.
Le passage décisif se situe là : quand la parole du proche devient une démarche de faire savoir. Faire savoir ce que produisent les parcours de soins sur l’entourage, sur les liens, sur la vie quotidienne.
Faire savoir n’est pas s’épancher.
C’est un droit, pour notre santé mentale et celle de nos enfants.
Il ne s’agit pas de parler à la place des personnes malades. Leur parole leur appartient.
Pour les proches, faire savoir consiste à rendre visible ce que les parcours produisent sur ceux qui accompagnent : sur les liens, sur la vie quotidienne, sur la santé mentale des proches et des familles.
Cette parole ne concurrence pas celle des personnes concernées, elle la complète.
Ce déplacement transforme une parole fragile en une parole légitime.
Nous parlons alors comme membres de l’entourage reconnus usagers, porteurs d’un savoir issu de l’expérience vécue. Et à ce titre, nous avons le droit d’être entendus.
Faire savoir, ce n’est pas parler plus fort.
C’est créer les conditions pour que cette parole existe dans l’espace public.
C’est là que le « j’ai besoin de dire » devient un engagement commun :le droit de faire savoir et d’être entendus.







