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Chroniques de l’Entourage invisible (6)

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture
Croyez moi, j'ai cherché.
Croyez moi, j'ai cherché.

J’étais l’autre parent

Je n’étais pas seulement le conjoint, le compagnon, le partenaire de vie. Dans la réalité des parcours, dans la durée des soins, j’étais l’autre parent.

Dans l’après-crise et le deuil, j’ai été et je suis l’autre parent.

Bien que malade, ma femme est toujours restée une mère aimante.

Quand la maladie s’installe, surtout dans les parcours ambulatoires, elle ne reste pas cantonnée à celui ou celle qui en souffre. Elle entre dans la maison, dans les rythmes, dans les silences, dans les relations. Et ce sont les enfants qui, souvent, en subissent les effets les plus diffus.

Ils sentent tout. Les tensions, les peurs, les non-dits, l’inquiétude qui circule sans mots.

Les enfants souffrent, perdent leurs repères et deviennent eux aussi gardiens du silence.

Dans ces moments-là, j’ai souvent cherché les mots justes. Des mots simples, mais essentiels :« Votre maman est malade, votre maman vous aime. »

Dire cela, c’était tenter de tenir ensemble deux réalités : La maladie, et l’amour. Ne pas laisser la première effacer le second.

Protéger les enfants n’est pas une injonction abstraite. C’est une responsabilité quotidienne pour l’autre parent : tenir, contenir, expliquer quand on peut, se taire parfois quand on ne sait pas, et surtout tenter de préserver un minimum de sécurité affective.

Mais cette tâche devient presque impossible lorsque le silence s’impose comme règle. Quand le secret médical est confondu avec un silence médical, quand les proches ne disposent ni de repères clairs ni d’interlocuteurs désignés, ce sont les enfants qui absorbent l’angoisse laissée en suspens.

Un enfant ne demande pas toujours. Il observe, il interprète, il s’adapte. Et faute de mots partagés, il fait avec ce qu’il ressent — parfois au prix de sa propre tranquillité intérieure.

Protéger les enfants ne consiste pas à les tenir à l’écart de tout. Protéger les enfants, c’est permettre aux adultes qui les entourent d’avoir accès aux informations nécessaires pour mettre des mots justes, poser des cadres, expliquer sans effrayer, rassurer sans mentir.

Cela suppose que les proches puissent jouer pleinement leur rôle.

Cela suppose une parole professionnelle articulée, mesurée, respectueuse du secret, mais présente. Car la sécurité des enfants fait partie intégrante de la sécurité des parcours de soins et de vie.

Être l’autre parent, c’est cela aussi : Veiller, contenir, protéger — parfois sans soutien suffisant. Et continuer malgré tout, pour que les enfants ne portent pas seuls ce que les adultes n’ont pas pu ou pas su dire.

 
 
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