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Manques ou manquements

Pour rendre concret mon dénuement total en termes d’informations de soutien et d’accompagnement en tant que compagnon d’une personne dépressive, alcoolique sévère dont le risque suicidaire élevé était avéré je ne peux que dresser cette liste :

  • Aucun diagnostic ne m’a été clairement communiqué par les médecins prenant en charge ma femme.

  • L’évaluation de notre environnement, de notre vie commune et familiale s’est faite sans aucun contact avec moi.

  • Aucun rendez-vous conjoint n’a été organisé en début de parcours pour que je puisse comprendre et expliquer ma volonté d’aider ma femme à se soigner.

  • J’ai dû demander sa 1ere hospitalisation à l’EPSM suite à des propos suicidaires et à son refus d’hospitalisation à la clinique ou elle était suivie. Aucun accompagnement ne nous a été proposé pour clarifier mon rôle et mon recours obligé à une hospitalisation sous contrainte particulièrement traumatisante.

  • Vous n’êtes pas soignant, vivez normalement, protégez-vous, protégez vos enfants, ne les transformez pas en sentinelles. Ces injonctions constituent les seuls conseils reçus sans aucune réelle orientation vers les professionnels pouvant me venir en aide.

  • Aucun interlocuteur ne m’a été désigné, je n’ai donc jamais eu les moyens pour signaler efficacement les situations critiques ou la consommation d’alcool de ma femme mettait sa vie en danger en dehors des services d’urgences..

  • Quand j’ai exigé un rendez-vous au CMPS pour signaler la situation critique d’accroissement des consommations de ma femme la réponse a été : « en l’absence d’urgences psy, vous devez la convaincre de se présenter aux urgences ».

  • Aucune information concernant les traitements médicamenteux : dangers, effets secondaires et ce malgré le manque de lucidité et la compliance relative dû à la maladie. J’ai vu entre autres apparaître et disparaître le baclofene.

  • C’est moi et moi seul qui ai dû lui imposer de ne plus conduire sans aucune information ou accompagnement de la part des soignants

  • Aucune interface n’a été mis en œuvre pour communiquer avec le médecin traitant ou le médecin addictologue qui me suivait. Je veux relater deux situations pour éclairer le niveau de risque induit :

  • Ma femme ne sortant plus de son lit depuis plusieurs jours, je fais appel au médecin traitant : « je lui ai dit d’arrêter son traitement, dans son état il ne sert à rien ».

  • Dans les mêmes circonstances j’ai demandé son avis au médecin addictologue hospitalier qui me suivait en lui présentant l’ordonnance en cours. Sa première réaction a été de dire : « mais elle n’est pas hospitalisée ? ».

  • C’est un médecin des urgences qui s’est senti obligé de me prévenir des risques neurologiques majeurs encourus par ma femme : « à la fréquence ou nous prenons en charge votre femme, il faut que je vous pose la question : vous connaissez le syndrome de Korsakoff. »

  • J’ai été informé à posteriori des conditions de prise en charge de ma femme quand elle se présentait lourdement alcoolisée en hôpital de jour : nous la laissons se reposer puis on la ramène à son domicile et ce sans en aucun cas me contacter.

  • Ne supportant plus l’insécurité de notre quotidien j’ai fait une demande formelle de médiation auprès de l’EPSM (en cours de séjour). J’ai été reçu par le médecin médiateur dans un lieu totalement inapproprié : l’UMD.

  • Le médecin responsable de l’ensemble des services d’addictologie rattachés à l’établissement qui devait me recevoir dans le cadre de cette médiation n’a jamais donné suite à ma demande de rendez-vous sans aucune autre réaction de l’établissement.

  • Les postcures dans 3 établissements différents se sont toujours terminées par des exclusions immédiates suite à alcoolisation. Il me faut relater les circonstances et l’insécurité de ces procédures :

  • 1er établissement situé à Royan : appel le samedi soir 2 jours avant la sortie prévue : votre femme s’est alcoolisée elle est « mise au train » demain matin. Quand j‘ai précisé que ma femme avait intégré l’établissement avec sa voiture la réponse a été cela ne change rien. Quand j’ai rappelé le lendemain matin très inquiet il m’a simplement été précisé : « elle a vu le psychologue et son alcootest est négatif l’établissement est couvert elle part ».

  • 2éme établissement situé à Nantes : exclusion de 3 jours suite à alcoolisation. Persuadé de bien faire je suggère à ma femme de prendre un hôtel sur Nantes. Appel désespéré de ma femme alcoolisée le deuxième soir. J’ai fait la route en catastrophe pour la retrouver inconsciente dans sa chambre d’hôtel ou j’ai vidé la 2ème bouteille de whisky encore au ¾ pleine. Nous avons été faire sa sortie le lendemain sans autre rendez-vous.

Si je publie tout ceci c’est pour rendre palpable ma solitude, ma détresse, mon impuissance et surtout l’insécurité totale de notre parcours de vie : « vu sa pathologie cela pouvait arriver n’importe quand ».

Quand j’ai dit à mon médecin que je me reprochais de ne pas avoir réussi à dialoguer avec les médecins de ma femme sa réponse a été : « si quelqu’un ne peut pas dire cela c’est vous, vous avez tout essayé »

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